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L’enfer c’est les autres …

[Cet article a été initialement publié dans la newsletter du 6 février 2022]

C’est tellement frustrant !

Ça semble simple, évident même. et pourtant ils ne comprennent pas.

Peut-être même qu’ils ne veulent pas comprendre, dans le fond. En tous cas, ils vont planter mon projet, alors que ça devrait marcher.

J’ai pris le temps d’analyser, de me renseigner, de réfléchir…  J’ai la solution.

Je sais ce qu’il faut faire, je veux le faire mais on m’en empêche. Les autres me mettent des bâtons dans les roues, ou sont passifs.

Et puis l’autre là, qui fait tout le temps semblant d’être débordé et qui ne libère pas assez de temps pour ce projet.

Sans compter les événements qui se mettent en travers de la route. Comment je pouvais prévoir [qu’on serait confinés, qu’un concurrent allait arriver, que la loi allait changer, que mon salarié allait déménager …] ?

C’est frustrant. Terriblement frustrant.

Je n’ai vraiment pas de chance.

Oui. Peut-être que je n’ai pas de chance.

Peut-être.

Peut-être ​​que si ça ne marche pas c’est parce que les autres ne comprennent pas, qu’ils ne sont pas conscients, pas assez intelligents.

Peut-être que mon collègue, mon collaborateur, mon chef fait de la résistance passive.

Peut-être que les événements et les gens se liguent contre moi.

C’est parfois vrai, parfois.

Une raison de se méfier de cette analyse, pourtant, c’est qu’elle a surtout pour vertu de nous exonérer de la responsabilité de ce qui nous arrive.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais, il existe une – légère – tendance de notre nature humaine à se féliciter de nos succès, et à reprocher aux autres leur contribution à nos échecs.

Conscient de ce biais on devrait être méfiant vis à vis des explications qui nous sont trop favorables.

En outre, attribuer la responsabilité de notre échec aux défauts de l’entreprise, ou des collègues avec qui on travaille, pose un gros problème : on n’y peut généralement rien !

Il ne reste alors plus qu’à changer d’entreprise et de collègues.

La bonne nouvelle si je suis au moins en partie responsable du problème c’est qu’alors je peux améliorer la situation en changeant quelque chose qui est dans mon champ d’action.

Je dirai même que plus je suis responsable du problème, plus j’ai de pouvoir sur le problème !

Donc, quand les choses ne se passent pas comme je veux, quand les gens ne réagissent pas comme je l’aurai souhaité, c’est que j’ai dû mal m’y prendre. Je peux y réfléchir et essayer autrement.

Pour aller plus loin :

  • Relations efficaces de Thomas Gordon. Un excellent petit livre de 200 pages qui était édité chez Marabout à moins de 6€ et que j’ai beaucoup offert. Malheureusement épuisé. Si vous trouvez un exemplaire d’occasion pas trop cher, sautez dessus. Initialement développé dans un cadre de médiation familiale, le modèle Gordon est encore aujourd’hui ce que je trouve de plus pertinent pour penser les relations à autrui et le pouvoir sans l’autoritarisme.
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  • How the Way We Talk Can Change the Way We Work: Seven Languages for Transformation de Lisa Lahey et Robert Kegan, deux chercheurs en sciences du comportement et auteurs très réputés aussi bien dans le monde académique que pour leurs livres d’entreprise comme celui-ci, où l’on apprend à changer ses modèles mentaux en changeant son vocabulaire, et en passant du langage de la plainte au langage de la responsabilité.
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  • Getting It Done: How to Lead When You’re Not in Charge, un chouette bouquin sur l’art de faire aboutir un projet quand on n’a pas l’autorité sur les autres, par les auteurs du bestseller Getting to Yes, c’est à dire le groupe de recherche d’Harvard sur la négociation.
    Dispo en versions papier, numérique et audio.
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  • Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent par le fameux Dr Stephen Covey (les Cercles de Covey !). Ne vous laissez pas décourager par le titre français épouvantablement racoleur, c’est un bon bouquin de développement personnel qui remet les pendules du comportement professionnel à l’heure de l’adulte responsable de ce qui lui arrive. 8€60 en poche !
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Ce texte a été originellement publié dans L’hebdo de Mille Mentors, le petit mail qui fait du bien le dimanche soir : une réflexion comme celle-ci, inspirée par l’actualité de la semaine, puis quelques pépites relevées dans ma veille et une pastille détente. Pour en profiter chaque semaine en avant-première, abonnez-vous.

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